Julien-Édouard-Alfred Dubuc et son incontournable famille…

Julien-Édouard-Alfred Dubuc et son incontournable famille…

 

 

Un prince et son royaume

Bien campé sur son fauteuil, il a l’air du plus britannique des hommes d’affaires « cana-diens-français » comme on disait à l’époque. Et il l’était !
C’est cette faculté remarquable à s’intégrer parfaitement à la société des businessmen an-glais qui lui a permis de devenir le premier homme d’affaires francophone du Québec à jouer dans les ligues majeures.

Julien-Édouard-Alfred Dubuc a été un personnage marquant… Déterminant… Tout à fait incontournable pour la région. Quand on visite le Village historique de Val-Jalbert, au Lac-Saint-Jean, la Pulperie de Chicoutimi ou même le parc national des Monts-Valin, on sent partout sa présence et, encore aujourd’hui, on peut marcher sur ses traces à la découverte de son héritage.
Né à Saint-Hugues, dans la région des Bois-Francs, en janvier 1871, il entre à 16 ans au service de la Banque Nationale de Sherbrooke où il devient rapidement chef de bureau. En 1892, alors qu’il n’a que 21 ans, on lui propose le poste de gérant de la nouvelle succursale de Chicoutimi, ce qui l’amène dans la région cette année-là. Sa passion pour le développement régional le conduit à mener plusieurs projets économiques dont une compagnie d’électricité et la célèbre Compagnie de Pulpe de Chicoutimi puis à devenir rien de moins que le plus important producteur de pulpe de papier au monde.

La Pulperie

Suivons donc sa trace à partir de Chicoutimi. Aujourd’hui devenue La Pulperie de Chicoutimi / Musée régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi a été le premier complexe industriel de pâte mécanique au monde. Julien-Édouard-Alfred Dubuc est un très jeune homme alors qu’il accède à sa direction. Construits par des bâtisseurs de cathédrales, les cinq bâtiments de granit qui se dressent encore sur le site témoignent du grandiose de l’architecture industrielle de l’époque tout en évoquant l’importance qu’a eu la Compagnie de Pulpe dans l’histoire et l’économie du tour-nant du 20e siècle.

Dès 1898, la Pulperie emploie 75 ouvriers et produit 5 000 tonnes de pâte à papier exportée sur le marché britannique où on l’apprécie pour sa qualité exceptionnelle.
C’est ici, en 1907, que naît le syndicalisme ouvrier catholique au Québec et en Amérique du Nord avec la Fédération ouvrière de Chicoutimi, l’ancêtre de la CSN. Le rêve d’une grande industrie canadienne-française s’estompe toutefois au début des années 1920 alors que la désuétude de la technologie fait sombrer l’entreprise.
On accède maintenant au site historique par la rue Dubuc qui s’étire de la rivière Chicoutimi jusqu’à la rue Saint-Paul.

Le politicien

J.-É.-A. Dubuc se tourne en 1925 vers la politique et représente durant 20 ans le comté de Chicoutimi à Ottawa. Il a même été maire de Chicoutimi de 1932 à 1936. Unanimement apprécié, ce globe-trotter qui a passé sa vie entre Montréal, Ottawa, Londres, Paris et… Chicoutimi, s’éteint le 30 octobre 1947, à l’âge de 76 ans, à sa maison de campagne de Laterrière, devenue par la suite le Chalet Dubuc, une superbe auberge champêtre situé dans le secteur de Portage-des-Roches, à Laterrière. Malheureusement, le magnifique bâtiment a été complètement détruit par le feu le 23 février 2017.

 

L’héritage architectural

À partir de la Pulperie, engageons-nous vers l’est, sur la rue Jacques-Cartier, juste au sud de la rue Racine, pour admirer la résidence de ce personnage ainsi que quelques autres lieux significatifs. Le patrimoine architectural de Chicoutimi demeure marqué de l’empreinte de la famille Dubuc. Il comprend le Manoir Julien-Édouard-Alfred Dubuc, ou Maison Dubuc, que l’homme d’affaire fait construire en 1898 et qu’on peut toujours admirer à l’intersection des rues Jacques-Cartier et Labrecque. La maison sera occupée, après le décès de Dubuc en 1947, par un autre personnage important dans l’histoire régionale, Antonio Talbot, député du comté de Chicoutimi et ministre de la voirie de 1938 à 1958, dans le gouvernement de Maurice Duplessis.
Non loin, le Château Dubuc, une résidence pour personnes retraités sise au 306 rue Lafontaine, perpétue aussi le nom de la famille entrepreneuriale, tout comme la circonscription électorale de Dubuc qui inclut principalement les municipalités du Bas-Saguenay et du nord de Chicoutimi.

Pont Dubuc

Si vous revenez de votre balade par la Zone Portuaire, qui longe la rivière Saguenay, vous verrez le pont moderne qui enjambe le Saguenay entre Chicoutimi et Chicoutimi-Nord. Cet ouvrage porte son nom et il en a lui-même fait l’inauguration. Ouvert à la circulation depuis 1972, le pont Dubuc devait remplacer le pont Sainte-Anne, son voisin, devenu désuet. Il a beaucoup fait parler de lui en décembre 2013 alors qu’il a été fermé à la suite de l’incendie d’un des piliers lors de travaux de rénovation.

Un détour dans les environs de l’Université du Québec à Chicoutimi, sur le chemin Saint-Thomas, vous conduira à la sépulture du magnat du papier, maire et député, qui se trouve au Site patrimonial du cimetière Saint-François-Xavier. La famille Dubuc s’y retrouve aux côtés de 21 autres personnages historiques (Georges Vézina, Antonio Talbot, J. D. Guay et d’autres) inscrits sur le Circuit des pionniers.

 

Val-Jalbert

Julien-Édouard-Alfred Dubuc, devient également propriétaire de la Compagnie de pulpe de Ouiatchouan à partir de 1909 et insuffle à l’industrie un vent de modernisation. L’endroit est maintenant connu comme le Village historique de Val-Jalbert et constitue l’un des pôles touristiques les plus importants au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Antoine Dubuc

Antoine Dubuc, le fils de Julien-Édouard-Alfred, était un amateur de plein air et écologiste avant l’heure, même s’il ne se serait probablement jamais défini comme tel.
Dans son pittoresque chalet de bois rond du lac aux Canots, il devait plutôt se voir comme un simple amateur de chasse et pêche. C’est comme ça qu’on appelait les gars de plein air dans les années 1950. Même l’hiver, il arrivait à grimper sur les Monts-Valin à l’aide de son « snowmobile ». Ce qui tenait de l’exploit quand on pense que son chalet se trouve sur les sommets, tout près de la vallée des Fantômes. Ce fameux couloir submergé de neige et habité par une forêt de géants figés dans leur manteau blanc.

Antoine Dubuc était un homme d’affaire de Chicoutimi qui a contribué au développement du réseau téléphonique au Saguenay, s’intéressait à l’art et aux antiquités. Mais il était surtout le fils de son père et il le savait puisqu’il a préservé toute sa vie la mémoire de ce personnage plus grand que nature qui reste au cœur de l’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le chalet étant situé à la limite du parc national des Monts-Valin, la Sépaq – Société des établissements de plein air du Québec  a investi 450 000 $ pour renipper ce monument et en faire le centre névralgique d’un micro-village de villégiature qui se veut le paradis des mordus de raquette et de ski nordique qui viennent s’éclater sur le toit des Monts-Valin. Vous pourrez vous y réchauffer lorsque vous irez faire de la raquette dans la Vallée des Fantômes.

Impossible de visiter le Saguenay-Lac-Saint-Jean sans échapper à la mémoire de J.É.A. Dubuc et de sa famille.

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Sur le Web :

« Journal de voyage d’Anne-Marie Palardy et de son mari Julien-Édouard-Alfred Dubuc… » Une aventure fascinante !

Une première réunion en 20 ans pour la famille Dubuc au chalet familial.

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