Chute des Pères - Mistassini

Les plus belles chutes de la région

Les chutes d’eau comptent toujours parmi les attraits naturels les plus visités dans le monde. Honnêtement, le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’a pas de Niagara à montrer mais ça ne veut pas dire qu’il soit dépourvu de cataractes assez impressionnantes pour mériter qu’on s’y arrête.

Un attrait incontournable

Commençons d’entrée de jeu par la vedette entre toutes, la fameuse chute de Val-Jalbert ou chute Ouiatchouan de son vrai nom. Au tout début du XXe siècle, Damase Jalbert, un marchand de Lac-Bouchette, fonde la Compagnie de Pulpe Ouiatchouan et construit une usine de pâte de papier ainsi que tout un village au pied d’une chute d’eau grandiose, haute de 72 mètres (21 m de plus que le Niagara).

Chute Ouiatchouan

Aujourd’hui, cette chute spectaculaire, dans un décor industriel fantomatique, constitue sans doute l’attrait naturel le plus photographié au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Son nom innu signifie « rapide au bouillon blanc », ce qui évoque la couleur de l’eau qui se fracasse sur les rochers noirs.

On peut la contempler à partir de cinq belvédères au fil de l’escalier qui grimpe jusqu’à son sommet où à partir d’une plateforme vitrée qui donne l’impression d’y plonger. Le téléphérique offre également un point de vue privilégié.

On ignore souvent qu’il est possible de s’en approcher en raquette l’hiver, alors qu’un « pain de sucre » se forme à sa base. Et, aussi, qu’elle est la deuxième chute sur la rivière, la chute Maligne (49 mètres) étant visible en amont à partir du belvédère le plus élevé.

Saint-David-de-Falardeau – Chute aux Galets

Chute aux galets

Ce site spectaculaire en toutes saisons ne se compare à rien d’autre dans la région et le seul rapprochement que je puisse faire serait avec l’île d’Anticosti où se trouvent des formations géologiques semblables, incrustées de nombreux fossiles. Haute d’une vingtaine de mètres, l’eau provenant du lac Sébastien se jette dans une fosse de strates calcaires et s’élance ensuite dans la tumultueuse rivière Shipshaw. La route pour y aller n’est pas évidente mais, une fois rendu, on traverse à pied le pont pour prendre le sentier de 1,2 km, à droite, le long duquel on croise deux belvédères. L’accès au rocher qui fait face à la chute est officiellement interdit et clôturé, bien que plusieurs visiteurs enfreignent la règle. L’endroit peut effectivement s’avérer dangereux, surtout avec des enfants.

Saint-Ambroise / Chute Gagnon

Sur le chemin de Chute-aux-Galets, on peut passer par Saint-Ambroise et s’arrêter à une autre magnifique chute très peu connue. Des panneaux indicateurs, au stop de la municipalité de Saint-Ambroise et dans la courbe du rang 9, nous conduisent à un chemin de terre de 5 km avant d’arriver au stationnement. Le sentier qui longeait la rivière Shipshaw a été fermé faute d’entretien. Garez-vous au fond du stationnement pour accéder directement à la chute (environ un demi-kilomètre à pied).
Cette cataracte a la particularité d’être fragmentée en trois par des îlots rocailleux, ce qui fait toute sa beauté. Sa hauteur n’est pas énorme mais sa puissance en impose, surtout en période de crue.

Chute Gagnon

Chutes Chaudière et Chute-à-l’Ours

J’ignore s’il s’agit d’une particularité régionale mais plusieurs gros rapides sur nos rivières sont communément et officiellement appelés « chutes ».

Rivière Ashuapmushuan

La rivière Ashuapmushuan (le seul affluent du lac Saint-Jean qui ne soit pas harnaché) présente une douzaine de ces « chutes » dont deux extrêmement spectaculaires. À partir de la route 167, au nord de La Doré, on bifurque sur l’embranchement du kilomètre 68 pour une vingtaine de km de chemin forestier jusqu’à ce gigantesque saut. Phénomène singulier, les chutes Chaudière ont été nommées de la sorte à cause des nombreuses marmites creusées dans le granit sur ses rives, dont l’une qui rejoint le lit de la rivière, ce qui fait fluctuer le niveau d’eau à l’intérieur.

Quant aux chutes à l’Ours, elles comptent deux rapides de dimensions impressionnantes et au débit ahurissant. La Grosse chute à l’Ours, plus accessible, se trouve aux abords du Site touristique Chute à l’Ours, à Normandin, un camping avec location de chalet. Certains chalets sont particulièrement bien situés près de la rivière Ashuapmushuan. À quelques kilomètres en amont, on observe la Petit chute à l’Ours à partir de la halte sur le chemin du Rocher. Le sentier de motoneige local passe tout près également.
Quelques mots sur d’autres chutes dignes de mention. D’abord la chute de la Montagne-Blanche, sur le sentier pédestre du même nom à L’Anse-Saint-Jean. On s’y rend aussi l’hiver en raquette alors qu’elle se transforme en muraille de glace.

Chute à l’ours

À La Baie, une superbe randonnée familiale sur les sentiers du Centre plein air Bec Scie permet d’accéder à une superbe chute en suivant des passerelles qui surplombent la rivière du même nom.

Finalement, le Parc de la caverne du Trou de la Fée, près de Desbiens, propose le très agréable sentier des 3 Chutes (2,74 km) qui permet d’admirer les sections les plus tumultueuses de la rivière Métabetchouan. N’oublions pas les chutes des Pères, à Mistassini, qu’on voit de la route et près desquelles on trouve un camping. Et un secret pour terminer : les petites chutes très bucoliques sur le réseau de sentiers du Parc aventures Cap Jaseux, dont la finale avec son belvédère juché carrément au-dessus du cours d’eau.

Parc Aventures Cap Jaseux

Une mise en situation

La configuration du Saguenay et du Lac-Saint-Jean en particulier est propice à l’existence de tels phénomènes naturels. Les trois ou quatre kilomètres d’épaisseur de glace qui recouvraient la région lors de la dernière glaciation ont littéralement renfoncé le continent. En se retirant, il y a 10 000 ans, le glacier a surcreusé la faille du fjord du Saguenay. Et les montagnes des Laurentides, en se relevant, ont formé l’écrin de la large plaine du Lac-Saint-Jean. C’est ce qui a créé ce qu’on appelle un bassin versant. Soit un territoire pentu sur lequel tous les cours d’eau convergent des hauteurs vers les basses-terres. Celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean couvre une superficie de 88 000 km². Plus de 90 % de la totalité des eaux de ce bassin convergent par 46 rivières et ruisseaux dignes de mention vers la dépression du lac Saint-Jean qui laisse échapper le trop-plein par ses deux émissaires, la Grande Décharge et la Petite Décharge, puis son exutoire naturel qu’est la rivière Saguenay. En approchant le lac ou la rivière, ils franchissent tous les escarpements de l’effondrement géologique en dévalant dans de puissants rapides ou en déferlant dans le vide. J’ignore si les scientifiques accepteraient cette définition mais ça me semble relativement clair… Sinon ! C’est pas grave !

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