Les classiques de la patate à Saguenay

Le hot dog suave et la sublime frite joyeusement graisseuse ont toujours leur place au plus profond du cœur des gourmands incorrigibles qui les savourent goulument en y étalant une épaisse couche de nostalgie et un léger soupçon de culpabilité refoulée.

Toutes les villes et toutes les régions d’Amérique du Nord ont leur tradition de roulotte à patate, de stand à hot dog, de cantine mobile ou de casse-croûte meublé d’un long comptoir ponctué de tabourets pivotants. Le milieu urbain de Saguenay ne fait pas exception.

Pour devenir des institutions touristiques, ces restaurants au menu élémentaire doivent avoir traversé le temps et les générations tout en conservant une bonne part de leur cachet original. On s’attend également souvent à ce qu’ils répondent aux stéréotypes de la waitress qui connaît tout le monde et du proprio qui parle fort. On respire la graisse à patates longtemps avant d’y entrer. Ils défient effrontément toutes les vagues santé, bio, végé, végane et sans gluten.

Au Saguenay, comme on ne fait rien comme les autres, les rois et reines du hot dog se démarquent depuis toujours par le fait qu’on serve de facto des frites dans le chien chaud. Sachez-le si vous commandez deux hots dogs et une frite. Ça fait beaucoup de frites ! On dit d’ailleurs « un » frite ici. Un frite et une beigne ! Le jumelage hot dog et Saguenay Dry constituait ce qu’on appelait, non sans raison, un bon « roteux ». Il a fallu remplacer le Saguenay Dry, qui n’existe plus depuis 2002, par une des saveurs de Red Champagne, une boisson gazeuse concoctée à Saint-Félicien en 1937.
Saguenay compte plusieurs de ces institutions contrairement au Lac-Saint-Jean où les cantines sont généralement des entreprises saisonnières et où les Jeannois consomment patates frites et autres dans des restaurants qui sont plutôt généralistes comme le Restaurant Goofy ou La Frite Mexicaine.

À la recherche de la meilleure poutine de Chicoutimi

Restaurant Joachim / Chicoutimi


Véritable institution chicoutimienne depuis plus de 60 ans, Chez Joachim, rue Price à Chicoutimi, fait partie de ces endroits immuables qu’on est heureux de retrouver d’une visite à l’autre, d’une génération à l’autre. Incontournable morceau du patrimoine populaire saguenéen depuis plus de 30 ans, on rencontre maintenant derrière le comptoir un jeune propriétaire de 25 ans, Frédéric Morin, petit-fils du fondateur d’un autre casse-croûte légendaire, La Bonne Patate, à Chicoutimi-Nord, qui a pris la relève de Raymond Gagné. Monsieur Gagné qui affirmait vendre 60 000 hots dogs par été et être le plus grand acheteur de saucisse de la région.

Le hot dog y est roi, cela va de soi. La poutine demeure un grand classique privilégié par les estomacs affamés. Mais la pizza tient également une bonne place au cœur des habitués. Dans une entrevue donnée au journal Le Quotidien en 2018, le nouveau chef de la place tenait à rassurer la clientèle : «?Le bon hot dog steamé qu’on retrouve chez Joachim, la sauce à poutine et la pizza qui n’a rien à envier aux autres pizzérias vont rester. Le goût de Joachim sera toujours présent. Le fonctionnement va changer un peu, mais les recettes vont demeurer.?» En fait de changement, Joachim a récemment subi quelques changements cosmétiques extérieurs et intérieurs, mais sans plus.

La Bonne Patate / Chicoutimi-Nord

Situé à la limite du centre-ville de Chicoutimi-Nord, à l’ombre de la côte Sainte-Geneviève qui mène au pont Dubuc, La Bonne Patate est un autre de ces temples du hot dog, du burger, de la poutine et de la frite au Saguenay. Une autre légende dont l’histoire officielle remonte vers 1968, bien que l’emplacement ait été occupé par une roulotte à patates dès le début des années 1960. Selon son propriétaire, Stéphane Gagné : « Le fondateur, M. Donat Morissette, avait bâti le restaurant en 1967, mais une camionnette a foncé dans le restaurant et démoli la salle à manger, » confie-t-il au journaliste Roger Blackburn (Le Quotidien) pour souligner le 50e anniversaire de l’entreprise. La configuration du quartier devait d’ailleurs être radicalement différente à l’époque puisque c’était à peine quelques années avant l’inauguration du pont Dubuc, en 1972.

« Tout le monde aime ça se faire plaisir avec une poutine ou un hot-dog. J’ai des amis qui s’entraînent pour améliorer leur condition physique et qui surveillent leur alimentation et ils ne se privent pas de venir ici. Ça fait du bien à l’âme. Ce n’est pas du gras qu’on met dans nos frites, c’est de l’amour, » répète le propriétaire dans toutes les entrevues.
Ses secrets pour obtenir la saveur et la texture idéales : un pain steamé juste ce qu’il faut pour ne rien perdre de son moelleux. Et des frites préalablement blanchies …
Les restaurant aux allures résolument rétro; couleur jaune serein, long comptoir, petites tables, a aussi un petit côté moderne avec son menu lumineux au-dessus de la friteuse et sa terrasse extérieure en été.

Les meilleures poutines hors de Chicoutimi

Chez Paulo / La Baie

Chez Paulo est à ce point une véritable institution locale qu’il a fait l’objet d’un court-métrage réalisé par le cinéaste baieriverin Philippe Belley en 2011 alors qu’on craignait la fermeture du resto. Finalement, le fondateur, Paulo Cossette est décédé à la fin 2016, mais son casse-croûte lui a survécu grâce à une ancienne serveuse, Patricia Villeneuve, qui assume la relève.

 

L’enseigne de Chez Paulo se dresse sur le boulevard Grande-Baie-Sud depuis plus de 65 ans maintenant. Le hot dog coûtait alors 25 ¢. Le propriétaire, Jimmy Martel, affirmait à la journaliste du Quotidien, en 1992, que la majorité de ses clients mangeaient leurs hots dogs ketchup-mayonnaise ! Bizarre ! S’agirait-il d’une autre particularité régionale ?
On imagine, dans les années 1990, tous les travailleurs de la papetière Consolidated Bathurst (La Consol… aujourd’hui fermée et démolie) qui passaient par Chez Paulo après leur chiffre pour se prendre une bonne patate. Aujourd’hui, l’endroit se situe un peu loin de l’action qui se concentre sur la zone portuaire. Mais une chose n’a pas changée. On continue de se déplacer pour aller chercher ou pour manger sur place « un » frite, une poutine un hot dog ou même quelques morceaux de poulet frit Gagnon, une autre institution baieriveraine disparue en 2015.

Pavillon du hot dog / Jonquière

Dans le bas de la côte de la St-Do, à Jonquière, on entre au Pavillon du Hot Dog à toute heure du jour et de la nuit, comme on rentre à la maison. « Deux hots dogs mon Charles ? AH… j’vas prendre un hamburger chou, moutarde ketchup à place !… Un Red Champagne avec ça ? Envoye dont ! »
Clients, serveuses, patron… On se connaît. Et on fait naturellement de la place aux nouveaux visages qui viennent goûter aux spécialités servies depuis 1966 directement sur le napperon. Pain et saucisse enfouis au milieu de frites bien enveloppées.

On remarque aussi que, au Pavillon, comme partout ailleurs, on a dû revamper et élargir le menu pour survivre et y ajouter de nombreux plats, de la pizza aux pâtes ou au fish & chips et j’en passe.
Pour rencontrer les Saguenéens tels qu’ils sont, tel qu’ils vivent, rien de mieux que de s’assoir sur un tabouret d’un de nos snacks à patates !

Envie d’essayer nos classiques de la patate ?

Restaurant Joachim : 34, rue Price Ouest, Chicoutimi
Restaurant La Bonne Patate : 262 boul. Sainte-Anne, Chicoutimi-Nord
Restaurant Chez Paulo : 892, boul. de la Grande-Baie, La Baie
Le Pavillon du Hot Dog : 2088, Saint-Dominique, Jonquière

 

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