Trois jours de raquette sur les Monts

L’immense territoire du massif des Monts-Valin peut être considéré comme la destination de prédilection au Québec pour les amateurs de raquette. Et nous, qui vivons au pied de la montagne, en profitons au maximum. « Nous », c’est un petit groupe d’amis mordus de plein air, dont plusieurs retraités qui ont tout le temps d’en faire. Non seulement explorons-nous chaque semaine au GPS une portion de la forêt la plus enneigée du Québec, nous prenons aussi beaucoup de plaisir à sillonner le réseau de sentiers développé bénévolement par des résidents du village alpin du Valinouët dans ce que nous avons appelé : La Forêt Magique.
Froid et soleil créent un environnement magique.
 

Le compromis parfait

Entre les deux, il y a une petite expédition de trois jours que nous aimons réaliser chaque année et qui peut s’avérer accessible à tous les adeptes de raquette relativement expérimentés. Cette randonnée nous conduit du Village alpin du Valinouët jusqu’au secteur de la Vallée des Fantômes, dans le parc national des Monts-Valin, avec deux couchers dans les installations du secteur : chalet Dubuc, refuges, chalets traditionnels (nature) ou XP. Ce programme nous fait parcourir au total environ 25 à 30 km en sentier balisé et hors-piste. Le problème, c’est que, peu importe la date que nous devons choisir un an à l’avance, nous tombons invariablement sur la fin de semaine la plus froide de l’hiver. Encore cette année, nous avons eu droit à un vrai – 30 ? C bien solide, heureusement accompagné d’un soleil resplendissant et sans vent. Des conditions idéales lorsqu’on respecte la seule règle de mise dans les circonstances : s’habiller adéquatement.

Préparatifs et logistique

Nos trois jours de raquette exigent des préparatifs immuables pour faire de l’expérience un succès fondé sur le niveau de plaisir du groupe. C’est pourquoi ma conjointe, qui est l’initiatrice de l’activité, invite chaque année les participants à une rencontre où nous discutons principalement du menu. De qui emporte quoi? De qui transporte qui et autres détails de logistique? Nous faisons transporter le gros de nos bagages (surtout la bouffe et le vin) par le service de navette offert par le parc national des Monts-Valin. Comme un maximum de neuf personnes peut coucher au chalet Dubuc, c’est le nombre de participants que nous privilégions pour jouir de tout le bâtiment en exclusivité. Le chalet Dubuc reste toutefois ouvert aux visiteurs du parc durant le jour mais devient privé après 16 :00. À neuf, nous faisons transporter trois sacs  Le chalet est doté de tous les équipements de cuisine utiles, dont deux gros frigos. Il propose des petites chambrettes sous les combles avec draps, une couverture, oreiller et taie en plus de deux douches. Les frileux apprécieront leur sac de couchage. Système électrique, foyers au bois et aux granules chauffent les pièces où entre le froid même sans être invité. Le départ comme tel exige une petite chorégraphie de véhicules que je vous explique simplement. Le point de rencontre matinal reste l’Accueil du parc national des Monts-Valin où nous allons déposer les bagages et acquitter les droits d’accès. Nous repartons ensuite en auto sur la route du parc, vers la station de ski Le Valinouët où on laisse une partie du groupe au point de départ (la prise d’eau du village alpin) avant de garer les voitures dans le stationnement de la station. Il y a ensuite une bonne remontée à pied du stationnement au départ. Près de la prise d’eau, on emprunte ce qu’on appelle le « sentier polyvalent », ce qui signifie qu’il peut arriver qu’on y croise des motoneiges. Et c’est parti !  
L’arrivée au chalet Dubuc sur le lac aux Canots.
 

En piste

Dès le départ, nous plongeons corps et esprits dans le fabuleux monde de l’hiver des Monts-Valin. Les personnages qui habitent cette forêt enchantée sont autant de monstres ou d’animaux, petits et grands, sculptés par le vent dans les masses de neige qui enveloppent la végétation. Ce ne sont pas encore les grands fantômes de la vallée mais ces ouvrages monochromes ne cessent d’étonner par leur diversité et leur subtilité. Jamais vous n’aurez vu autant de neige ! Le sentier traverse quelques plans d’eau, dont le lac Raquette, le lac Brûlé et le ruisseau Solange, avant d’atteindre le lac aux Canots qu’il faut longer en grande partie pour rejoindre le chalet Dubuc trônant au bout. S’il n’y a pas de vent, on peut aisément suivre les traces jusqu’au chalet. S’il vente et que les traces disparaissent, des balises nous guident sur les lacs mais, pas sur le lac aux Canots, le plus grand et le moins évident. Dans ces circonstances, le GPS peut s’avérer plus qu’utile. Cette partie de la rando fait environ 8 km.
Un monde de sculptures de neige.
                                                                   

Les Fantômes

Dès notre arrivée, nous n’avons pu résister à nous lancer en forêt, dans la neige vierge et incroyablement épaisse, vers le pic Dubuc. Wow ! Du hors-piste extrême dans des conditions hallucinantes. Près de deux heures pour avancer moins de 2 km.
Des quantités phénoménales de neiges en forêt.
                                                                     
Le lendemain, alors que le mercure s’accroche à – 30 ? C, nous doublons les sous-vêtements et les gants, sortons les coussinets chauffants pour les pieds et les mains, remontons les collets au-dessus du nez et marchons vers la vallée des Fantômes. Soleil ardent et froid arctique créent les conditions de lumière les plus spectaculaires qui se puissent. Une clarté bleue et étincelante qui illumine les fines dentelles de cristaux de neige collées aux branches des feuillus et qui compose des ombres mystifiantes redonnant vie aux grands conifères transformés en fantômes blancs qui branlent la tête.
 Un regard sur la région à partir du pic Dubuc.
                                  
Les refuges situés au pied du sommet en réconfortent plusieurs après un court séjour sur le pic Dubuc (980 m), à admirer la région et les petits fantômes rabougris qui n’y mènent pas une vie facile.  Du sommet, on succombe à la tentation de redescendre en dehors des pistes, par la crête du pic d’un côté, ou par la forêt dense et escarpée de l’autre. Le soir, devant l’âtre, nous aurons plein de choses à nous raconter en sirotant une bière ou un verre de vin et en attendant que soient prêtes la divine soupe repas de Joanne ou l’exotique jambalaya d’André. Nous rêverons ensuite des crêpes au caramel salé de Chantal puis des quiches maison de Chantale. Que du plaisir ! En fin de parcours, nous défaisons le sentier de départ vers le Valinouët mais ceux et celles qui souhaitent en faire plus peuvent s’offrir le sentier vers l’Accueil du parc puisqu’on devra y repasser pour cueillir les bagages et réserver pour l’année suivante.
 Le sentier est balisé du Valinouët au lac aux Canots.
                                                                   

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